lundi 6 février 2012

Super-hyper héros

Gerry Pete Meliton.

Un super-hyper héros qu'on ne peut décrire autrement que par une super-hyper onomatopée : Wow!

(Gerry Pete Meliton - prononcer Je-Ré-Pet - sera le protagoniste de mon prochain roman. Il sera grand, blond, musclé et - Originalité! - il aura une très faible estime de lui. À preuve, il passera sa journée à douter du paragraphe qu'il aura pondu. Car oui, il est écrivain. "Pas blogueur : écrivain", se convaincra-t-il, dans le titre du chapitre premier. D'ailleurs, dès l'incipit - primeur, primeur! - il se demandera si l'on publie "dans" ou "sur" un blogue. Quelle crédibilité! Autre aspect de sa très complexe mais ô combien fascinante psychologie - aspect que, par parenthèse, l'on connaîtra dès le tout premier paragraphe -, il se relira plus qu'il le faut, le plus souvent complaisamment, et - Attention, autre primeur - Meliton se demandera si vraiment on le lit.

...

À moins que je ponde Les aventures de Meliton et Sangény, un jeune couple habitant Tourneur-en-Rond, petite bourgade franco-italienne inconnue, sise au bord du fleuve Seppatro. Ces deux personnages super-hyper blasés auront soudainement l'ambition commune de trouver l'ultime rien nulle part. J'étudie encore l'élément déclencheur mais, chose certaine, dans leur quête - Quel flash! -, à un moment crucial - car il y aura beaucoup, beaucoup de suspense -, ils se heurteront au colossal Bon Stassay.)

...

L'écrivain

- Et tu écris sur quoi, Baptiste?
- J'écris surtout sur les gens.
- Ah.
- Avant-hier, par exemple, j'ai composé un très joli calligramme autour du nombril de ma voisine.
- ?
- Littéralement.
- !

mercredi 23 novembre 2011

Message d'outre-temps

Dans la boîte de courriels poussiéreuse de mon dernier emploi, une de mes anciennes étudiantes, morte cet été d'un cancer, me laisse un message en anglais : live your life, you have only one, have no fear, etc.

Quelque chose vient de finir, que je me dis.

Dans la nouvelle télé HD de mon salon, un de mes auteurs préférés, Dany Laferrière, répond à un animateur fât que sa bibliothèque est un cimetière où les morts lui parlent.

"Et si quelque chose commençait, Baptiste?", me dit-il, le jus de sa mangue dégouttant sur le lino du salon.

La main de tante L.

Je visitai mon grand-père.

Je marchai comme on marche dans un corridor institutionnel : le pas sans volonté.

Au seuil de sa chambre, je le vis dans son lit : il était pâle, maigre, respirant avec peine, la bouche grand ouverte, la tête renversée. Il dormait. Ma mère, les yeux plein d’eau, me regarda regarder l’agonie de son père.

J’entrai et me fondis dans le profond fauteuil de l’impuissance, en face du dormeur. Ma mère était à ma gauche, ma cousine J. à ma droite. Après un bref silence, ma mère se leva pour se pencher à l’oreille de grand-papa : « C’est Baptiste, Papa, ton joueur de violon préféré ». Elle lui caressa la tête, posa un baiser sur son front, lui chuchota : « Beau Papa d’amour ».

Le temps de parler des tours de mon grand-père dans son village natal. Le temps de rire avec la belle cousine J., qui habite à Montréal et qui s’est fait aborder par un Français caféinomane, Thomas qu’il s’appelle. L'impression de se distraire, malgré tout.

Tante L., la plus jeune des filles de mon grand-père, entra. Politesses d’usage. Elle s’assit sur le bord du lit et caressa son père des yeux.

Léger silence.

Elle posa la main droite sur le mince tissu bleu pâle de la jaquette d'hôpital de son père, ce tissu qui cache un filet de peau diaphane, cette peau qui recouvre son thorax osseux, thorax qui protège, un temps encore, la vie. Et je songeai que jamais la main de ma tante n’eut été si près du cœur de son papa.

Du haut (avec fin aussi en calembour)

- Tu n'écris plus Baptiste?
- Je ne sais pas. On dirait qu'écrire me donne de plus en plus le vertige.
- (La peur des auteurs)

jeudi 25 août 2011

21 août 2011

Mon grand-père n'est plus de ce monde aujourd'hui. Et ç'a commencé le 21 août 2011 à 16 h 45.

lundi 1 août 2011

Le pont

90 km / heure sur le pont de la rivière. Juste en bas, adossée à une souche de bois mort, mon amour tue. Coup de bistouri dans la pupille.