lundi 1 août 2011
Le pont
90 km / heure sur le pont de la rivière. Juste en bas, adossée à une souche de bois mort, mon amour tue. Coup de bistouri dans la pupille.
dimanche 24 juillet 2011
Mon beau peuple
Une taon d'automne qui cogne entre deux vitres.
Des vapeurs de valse nordique.
De la bruine frette les portes fermées.
Assis à attendre quelque chose assis.
Des vapeurs de valse nordique.
De la bruine frette les portes fermées.
Assis à attendre quelque chose assis.
dimanche 12 juin 2011
Conquête
"Oswald, lorsque Suzy l'avait connu, n'avait qu'une moto noire à l'arrière de laquelle elle était aussitôt montée, puis ils avaient roulé dans presque toute la ville, presque toute la nuit. L'air froid faisait jaillir des larmes des yeux d'Oswald, qui allaient rouler le long de ses tempes et se perdre entre les lèvres de Suzy serrée contre lui.[...] [E]t quelques mois plus tard, leur fils Jim naissait."
- Échenoz, Lac.
Dans six ans, Oswald partira sans laisser un mot sur la table de cuisine.
- Échenoz, Lac.
Dans six ans, Oswald partira sans laisser un mot sur la table de cuisine.
jeudi 9 juin 2011
Petite marche dans le bois.
Une centaine de pas. À peine assez pour sentir le sang circuler, ici. Pas grand-chose à écrire si ce n’est qu’une étonnante trace de couleuvre traversait le sentier de part en part.
Une corde jaune au bout de laquelle balançait un contenant d’eau de Javel était attachée à un arbre sans feuilles aussi. Je me dis que le printemps apparaîtra lorsque ce contenant se sera décomposé. Rien d’optimiste.
Je n’ose jamais m’aventurer bien loin dans ce sentier. Je crains à peu près tout. Les ours surtout. En marchant, je scrute toujours autour, à l’affût. Et je fais en sorte de voir la maison derrière moi. À chaque pas je me répète que je devrais être détendu et que, par conséquent, mes yeux se dépareront de leurs œillères, que mon champ de vision s’ouvrira de manière à ce que je devienne, enfin, conscient. Mon aspiration-rengaine.
Une corde jaune au bout de laquelle balançait un contenant d’eau de Javel était attachée à un arbre sans feuilles aussi. Je me dis que le printemps apparaîtra lorsque ce contenant se sera décomposé. Rien d’optimiste.
Je n’ose jamais m’aventurer bien loin dans ce sentier. Je crains à peu près tout. Les ours surtout. En marchant, je scrute toujours autour, à l’affût. Et je fais en sorte de voir la maison derrière moi. À chaque pas je me répète que je devrais être détendu et que, par conséquent, mes yeux se dépareront de leurs œillères, que mon champ de vision s’ouvrira de manière à ce que je devienne, enfin, conscient. Mon aspiration-rengaine.
samedi 14 mai 2011
Retour sur une actualité
Aujourd’hui, dans l’actualité, un homme se tient debout : Vigneault. C’est que, en l’an 2010 de notre ère, l’immortel Natashquanais a refusé de céder les droits de diffusion de son hymne « Mon pays » aux organisateurs des Jeux olympiques, à Vancouver – banlieue taïwanaise. En fait, il l’aurait accepté, mais sous certaines conditions, dont celle de ne pas voir flotter dans les écrans de télévision, pendant qu’on sing his song, un drapeau du Canada. Je l’entends réfléchir :
Jamais feuilles d’érable poussées par le vent d’ouest n’occulteront la danse du lys. Et si je puis brider ce symbole qui marque comme un fer, rouge honte, tandis que mon fier refrain voyage allègre du cœur à la langue française, eh bien je le briderai.
Et, comme tout le monde en parle, il se justifiera, Vigneault. Il en sentira le besoin, une éternité médiatique plus tard, car un certain Furlong l’accuse d’enclaver encore un peu plus les deux solitudes. Et ce goddam separatist prendra le micro à Charette ou à Guy A. pour rappeler candidement que son pays qui est l’hiver n’est pas celui de Mr. Furlong; que l’Histoire du pays de sa chanson n’est pas celle du Canada et, surtout, que cet hymne est écrit pour un pays souverain.
Mais, poli, il ne dira pas qu’il serait plus approprié de chanter le « Xina Yimn Tsung » (j’invente) à Vancouver que le « Mon pays »; que des chansons francophones qui contiennent le mot hiver, on en compte des pelletées et que l’allumette lancée par Mr. Furlong dans le tas de foins médiatique aurait dû s’éteindre dans son vol.
On n’achète pas un homme comme Vigneault. Encore moins son pays.
Jamais feuilles d’érable poussées par le vent d’ouest n’occulteront la danse du lys. Et si je puis brider ce symbole qui marque comme un fer, rouge honte, tandis que mon fier refrain voyage allègre du cœur à la langue française, eh bien je le briderai.
Et, comme tout le monde en parle, il se justifiera, Vigneault. Il en sentira le besoin, une éternité médiatique plus tard, car un certain Furlong l’accuse d’enclaver encore un peu plus les deux solitudes. Et ce goddam separatist prendra le micro à Charette ou à Guy A. pour rappeler candidement que son pays qui est l’hiver n’est pas celui de Mr. Furlong; que l’Histoire du pays de sa chanson n’est pas celle du Canada et, surtout, que cet hymne est écrit pour un pays souverain.
Mais, poli, il ne dira pas qu’il serait plus approprié de chanter le « Xina Yimn Tsung » (j’invente) à Vancouver que le « Mon pays »; que des chansons francophones qui contiennent le mot hiver, on en compte des pelletées et que l’allumette lancée par Mr. Furlong dans le tas de foins médiatique aurait dû s’éteindre dans son vol.
On n’achète pas un homme comme Vigneault. Encore moins son pays.
Poëme d’hiver
Dehors, c’est blanc longtemps.
Il neige horizontalement.
Le vent pousse les voitures, une à la fois.
Il les fait déraper, se heurter et, souvent, mourir.
Et tu es là-bas, « à cent mille lieues de moi.
Comment oublier ton sourire
Et tellement de souvenirs? »
Étrange comme des paroles sans substance
Nous arrivent à des moments malsonnants,
Comme un vent blanc tuant des voitures
Les unes après les unes, après les unes.
Il neige horizontalement.
Le vent pousse les voitures, une à la fois.
Il les fait déraper, se heurter et, souvent, mourir.
Et tu es là-bas, « à cent mille lieues de moi.
Comment oublier ton sourire
Et tellement de souvenirs? »
Étrange comme des paroles sans substance
Nous arrivent à des moments malsonnants,
Comme un vent blanc tuant des voitures
Les unes après les unes, après les unes.
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