mercredi 14 avril 2010

28 degrés Celsius, en avril, ici.

Marche sur la plage. Le projet. Là, une bande de glace sépare le sable blond, plein de cannelures, du sable foncé, que la mer a tassé. Je saute comme je peux sur ce lambeau de banquise, échoué. La marée est basse. La plage s’allonge, les pieds dans l’eau. Des joggeurs, du nord au sud. Une femme et un caniche nain. Deux petites filles jouent les ados, près des roseaux. Une brise balaie mon aura bleue, enfin. Je suis au bord des larmes, salées, moutonneuses, magnifiques, comme toi.

Corbière

Le plus normal des crapauds se serait emmaillé,
Adorablement,
Puis, gigotant pour la forme, aurait rejoint,
Nonchalamment,
La surface, pour espérer voir, au passage,
Une grenouille bronzer sur un nénufar blanc,
Nonchalamment,
Adorablement,
Cependant que je coule.

Scénario

Lui, sur le lit :
« Couche-toi. J’ai fabriqué pour nous des oreillers de mots doux. »

Elle se moule à son flanc. Ils font l’amour. Le lendemain, lui :
« Je t’aime. Dieu t’aime aussi. Je L’ai vu se signer quand nous faisions l’amour, hier, contemplatif. »

Un temps. Une dispute. Lui :
« Reste. Pars seulement lorsque nous aurons trouvé des fleurs aux pétales si longs qu’ils embrasseront nos enfants. »

Elle le rejoint. Une vie passe. Lui, sur le lit :
« Et tu ne mélangeras ta tristesse qu’avec celles de nos petits-enfants, à la fin, derrière l’église. »

Lui, en voix off :
« Regarde ce voilier de notes s'assembler en mélodie tout autour de toi qui marches à moi. »

Une éternité. Elle, voix off :
« Encore »

Feu, fer, eau

Tout se mélange :
Le feu au fer, le fer à l’eau, l’eau au feu. Vaporeux.
Ma forge hurlante, comme le Fou de Vimy.
Ma gorge brulante, comme le Loup de Vigny.
J’y pose tes mains de souffre.
Les mots me manquent.

Les phrases sont courtes. Le trait clignote. En mode attente. Des réminiscences de thèmes, de motifs récurrents à palier. Expulsion de rien. Esthétique du vide.

Je me plonge les doigts dans le fond de la gorge, j’extirpe quelque chose. Le feu, le fer, l’eau ne remontent pas. Je plonge alors une lame rouge feu et j'extrais un nœud de riens carbonisé.

Miroir, fenêtre, néologismes

Par la fenêtre, le vent voltigeaille. Des oiseaux, gris, blancs, noirs, s’indolentent. Et deux épinettes de désembrassent bon gré mal gré. La baie, elle, derrière la télé fermée, s’engrise, comme moi. La nature se pose comme un miroir oscillant d’émotions coudevents.

Réseau

Je dors beaucoup. Je fais peu. Mon dos prend les plis des draps, et mon cou la texture de l’oreiller. Je regarde, comme faire se peut, des comédies romantiques surjouées pendant que mon intestin s’engorge.

L’inertie paternelle, songé-je. Car sa culpabilité s’engage dans le pipeline qui sépare nos territoires et balkanisera ma psyché. Aussi, sa mélancolie se distribue dans les milliards de tubulures qui réseautent, anarchiques, tous mes agirs. On fait peine, peur, pitié.

mercredi 7 avril 2010

double syllogisme

pennac était un cancre.

cancre : anagramme de cancer.
cancer : crustacé dont la démarche est anormale.
cancre : cancer.

(Comprendre que cette métaphore bancale - elle repose sur une anagramme simpliste - illustre que le processus éducatif de l'élève est assimilé à la démarche marginale d'un crabe)

pennac est un cancre.