Maman a la grippe. La pauvre.
Mon père subira une opération aux mains. Le pauvre.
Mon ami est dépassé par les événements. Le pauvre.
Mes voisins ont eu un accident de voiture. Les pauvres.
Mon équipe de hockey vient de se faire éliminer. La pauvre.
Mes Mexicains paniquent à cause de la grippe A. Les pauvres.
Mes abeilles tombent malades. Les pauvres.
Mon sol est contaminé au cuivre. Le pauvre.
Ma forêt perd de sa biodiversité. La pauvre.
Heureusement, mes pauvres restent toujours aussi pauvres.
dimanche 3 mai 2009
vendredi 1 mai 2009
pluie jazzée
Voici ce qu'on écrit, quand on est seul, dans une roulotte de l'anse, un 13 juillet, et qu'il pleut.
* * *
J'ai des bananes encore vertes, trois bières frettes, du pain, une quiche au légume, des céréales et du lait, du jus de pomme et de la bouffe sèche pour un bout. Du cannage aussi. Un peu de sûreté.
* * *
Il vente. Chaque bonne bourrasque fait brasser ma roulotte. À croire qu'il y a de l'action, ici, dans mon décor carreauté.
* * *
Il pleut. Chaque goutte chante. À croire qu'il y a de la musique, ici, dans mon décor 87 ambulant.
* * *
J'ai ma petite guitare ténor, ma voix et la pluie. On pourrait jouer ensemble?
...
Je vais lire. La pluie improvise trop bien pour moi. Je ne suis pas de calibre. Question de respect!
* * *
Et, juste en bas de la feuille, il y a le dessin d'une roulotte, sous la pluie, avec des notes de musique et d'immenses fleurs, comme dans une tête d'enfant.
mercredi 22 avril 2009
"i'll give you more gold than your apron can hold"
Doc Watson, originaire de la Caroline du Nord, fils de charbonnier, traditionnaliste, donc visionnaire, chantait "Alberta". C'est une complainte où un minier s'adresse - parfois indirectement, ce qui m'apparaît encore plus douloureux, encore plus juste - à sa mie.
Le sentiment d'être enterré vivant. Ce doit être cela.
Alberta
Alberta let your hair hang low
I saw her first on an april morn'
As she walked through the mist in a field of hay
Her hair lit the world with its golden glow
And the smile on her face burned my heart away
Alberta let your hair hang low
Alberta let your hair hang low
I'll give you more gold than your apron can hold
If you'll only let your hair hang low
I thought my golden time would last
But the field of hay was soon cut down
In a short few weeks it all was past
And my golden girl just a painful song
Alberta what's on your mind
Alberta what's on your mind
My heart is so sad 'cause you treat me so bad
Alberta what's on your mind
Alberta let your hair hang low.
lundi 20 avril 2009
dimanche 19 avril 2009
mercredi 15 avril 2009
suivre le courant
Moi et mes élèves suivons le courant.
Rien de proactif, nous les apprenons ces courants littéraires,
c'est tout.
Comme soumis aux diquetas de l'intelligentsia
des estudieux de lestres de France
et pis eurk.
Faut dire qu'il faut faire nos armes itou,
qui faut répondre aux attentes du programme collégial,
pis qui fo pa bouger les cases
en cette période d'instabilité institutionnelle
hi ki fo don pa.
Jusqu'à maintenant,
nous sommes passés à travers le postmodernisme,
analepse vers le symbolizme,
nous avons steppé le surréalissime
et nous nous dirigeable vers le torvistentialisse
pis l'abseurk
et pis eurk.
Maudit courant.
Maudit mal de mer de migraine dans l'estomah que j'écris mal,
câlice.
dimanche 12 avril 2009
lapsus
Le nouveau ministre provincial de l'Économie ignore tout de l'affaire qui a fait déloger l'ancienne ministre de l'Économie provinciale. « J'étais sur Google Earth! », a-t-il déclaré à Michel, un journaliste pigiste d'un quotidien de droite subventionné de la capitale.
Visiblement mal à l'aise lors de sa première entrevue en tant que provincial ministre de l'Économie, il a commis ce lapsus, rapporté par Paul, un autre journaliste pigiste d'un quotidien gauchiste non-subventionné - de la métropole cette fois :
« D'autant plus que, comme le dit mon premier ministre : "On étouffe (sic) dans le même bateau [!]" »
Le lendemain, le subventionné journal gauchiste quotidien métropolitain s'excuse dans un gros, gras, capital et très italique ERRATUM. Sur le frontispice : « On a mal cité le sinistre provincial économe ». On spécifie plus bas que Paul, le gauche journaliste pigiste non-subventionné au quotidien, était en « pleine crise de cérumen » lorsqu'il a rapporté ses propos; qu'il avait « des coquilles sur les ouïes, parlai[t] au cellulaire, la tête dans le cul, le cul à Cancun, une sarracénie dans les bobettes depuis le premier avril ». Et l'article se termine sur des révélations touchantes : Paul, le journaliste pigiste etc., est « névrosé, alcoolique, suicidaire, pédophile et chauve [et il] promet [...] de démissionner ».
Demain, tout ira mieux. Je nous l'assure.
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